Comment rendre nos infrastructures routières plus respectueuses de la biodiversité ?

La biodiversité regroupe tous les organismes vivants qui participent à la vie de notre planète. Mais force est de constater que la diversité biologique se trouve très menacée du fait des activités humaines, en particulier à cause des infrastructures routières. Une situation qui suscite de vives préoccupations. Alors, quel est leur impact ? Et comment les rendre plus respectueuses de la biodiversité ?

Pont autoroutier pour la biodiversité
Pont pour la biodiversité, permettant de connecter deux zones naturelles

Quel constat peut-on faire de l’impact des routes sur la biodiversité ?

La biodiversité peut être comprise comme étant le tissu vivant recouvrant l’ensemble des milieux naturels et des diverses formes de vie qui peuplent notre planète. Elle comprend trois importants volets à savoir : la diversité des milieux de vie, la diversité des espèces et la diversité des individus (diversité génétique) au sein de chaque espèce vivante.

Cependant, cette richesse naturelle s’érode compte tenu des comportements de l’espèce humaine, notamment ceux liés à la construction routière. Analysons son impact direct et indirect sur la biodiversité.

Impact direct

Les infrastructures routières représentent l’une des principales menaces qui pèsent sur la diversité biologique. Cette perspective est à juste titre assez troublante. Les infrastructures routières sont perçues comme un indice de croissance et de développement économique d’un pays.

Ainsi, la seule idée de les rendre plus respectueuses de la biodiversité contrasterait pour certains avec les légitimes envies d’expansion économique. Sauf que les conséquences de la construction de ces infrastructures n’épargnent aucune espèce vivante.

En effet, les infrastructures routières endommagent directement notre écosystème et provoquent la fragmentation des habitats naturels. C’est un constat préoccupant, puisque cela entraîne la migration de certaines espèces hors de leurs habitats naturels et, en définitive, accentue leur disparition.

Rappelons que notre planète abrite plus de 1,8 million d’espèces différentes et que chaque année, les chercheurs en découvrent au minimum 15 000 nouvelles. Résultat ? Au lieu d’œuvrer pour cette noble cause, les politiques tendent progressivement vers la multiplication des infrastructures routières. Ces activités humaines multiplient de l’ordre de 100 à 1000 fois le taux naturel d’extinction des espèces.

Les choses ne semblent pas s’améliorer, et les chiffres en apportent la preuve. Il est prévu que le réseau routier mondial connaisse une expansion de 60 % d’ici l’an 2050. Il faut faire remarquer que les choses iront de mal en pire, si les autorités ne prennent pas conscience des risques que l’humanité court. Fondamentalement, les constructions de routes sont à l’origine de :

  • la fragmentation et la dégradation des habitats naturels ;
  • l’augmentation des taux de mortalité, en raison des accidents routiers entre véhicules et animaux ;
  • l’isolement des espèces ;
  • la pollution sonore ;
  • la perte de la diversité génétiques au sein des espèces.

En France, par exemple, les enjeux sont de taille. Notre pays a un riche patrimoine naturel avec plus de 180 000 espèces sur toute l’étendue de son territoire (métropole et DOM-TOM) qui sont menacées du fait de l’accroissement de son réseau routier national. Entre les années 2006 et 2015, une superficie égale à 590 000 ha a été utilisée pour construire des infrastructures routières. Aujourd’hui, pas moins de 1301 espèces se trouvent menacées au sein de son écosystème.

Impact indirect

Les conséquences indirectes des infrastructures routières sur la biodiversité concernent, en grande partie, le changement climatique. Les perturbations d’altitude, causant le déplacement des espèces et des habitats plus au Nord. Quant à la hausse des températures, elle produit deux situations : d’une part, la réduction de la rigueur climatique, et d’autre part, l’allongement des périodes de végétation.

Par ailleurs, les véhicules thermiques, eux aussi, polluent énormément notre environnement. Ils émettent une importante quantité de gaz à effet de serre qui affecte le climat, l’eau, la flore, la faune mais également la santé publique.

Les autres conséquences indirectes sont : l’acidification de l’eau, due à l’absorption du carbone atmosphérique, l’élévation du niveau de la mer et la prolifération d’espèces nuisibles.

Quelles solutions envisager ?

Le respect et la sauvegarde de la biodiversité passent nécessairement par la promotion d’infrastructures vertes. Elle vise la fourniture de certains services à l’écosystème, à savoir : la construction de parcs et d’espaces verts, mais aussi de ponts et tunnels dédiés aux animaux, leur permettant d’augmenter leur espace de vie. En conséquence, la diversité génétique des ces espèces augmente, ainsi que leurs chances de survie. Cette action favorise par ailleurs la compensation des habitats naturels détruits du fait des routes, ainsi que l’amélioration des services de santé publique.

Les couloirs naturels ou corridors permettent de relier entre elles les infrastructures vertes, et ainsi soulagent la fragmentation des habitats et limitent les conséquences liées à la hausse des températures. De plus, les corridors facilitent la mobilité des espèces.

Par ailleurs, il est primordial de changer nos habitudes et de prioriser les véhicules zéro-émissions, moins polluants et plus respectueux de la biodiversité.

En définitive, les projets gouvernementaux et internationaux doivent prendre en compte le bien-être social quitte à céder quelques besoins de croissance, au profit de l’intérêt général. L’érosion de la biodiversité est un problème qui concerne tout le monde et qui ne sera résolu que dans le cas d’une prise de conscience suivie d’un changement de comportement.

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